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La tension monte à l’hôpital Charles-LeMoyne : Une autre stratégie ?

Sept médecins du programme de traumatologie de l’hôpital Charles-LeMoyne viennent de démissionner. L’hôpital Charles-LeMoyne n’est plus reconnu par le ministère de la Santé comme un centre de traumatologie tertiaire capable de recevoir les cas les plus lourds. Ce sont les moyens de pression imaginés par les médecins pour faire bouger le gouvernement. Est-ce la bonne stratégie ? Loin de moi l’idée de vouloir critiquer les gestes des médecins, pas plus que leur stratégie. Comme une majorité (sans doute) de la population, je sais pertinemment que les médecins travaillent dans des conditions fort difficiles et qu’ils font de grands efforts pour s’occuper de leurs patients. Je souhaite seulement apporter un autre éclairage en me basant sur mon expérience auprès des radiologues canadiens que je conseille depuis 1999. Leur stratégie a toujours été la patience, la recherche de l’appui de la population et la proposition de solutions au gouvernement.Démissionner est un geste classique dans une stratégie de moyens de pression. Malheureusement, le résultat a pour conséquence d’inquiéter les patients et de les placer dans une situation difficile (où et par qui seront-ils traités ?), sans compter les patients des autres centres vers qui seront redirigés les patients qui auraient dû aller à Charles-LeMoyne. Devant le geste posé par les médecins de Charles-LeMoyne, le public est en droit de se demander si ces médecins ont réellement épuisé tous les recours; s’ils ont proposé des solutions et quelles sont-elles. Je pense même que si le ministre de la Santé parvient à régler le problème de Charles-Lemoyne, tout le crédit lui en reviendra. En bout de ligne, les médecins de Charles-LeMoyne auront peut-être déclenché une crise, mais ile ne l’auront pas réglé.

Les radiologues ont utilisé une autre stratégie pour régler leurs problèmes. Ils ont d’abord documenté le déficit technologique du Canada qui manquait atrocement d’appareils d’imagerie diagnostique de haute technologie : imagerie par résonance magnétique, tomographes, etc. Ils ont ensuite fait fait connaître ce déficit à travers le pays, ce qui a déplu aux gouvernements de l’époque. Ils ont ensuite médiatisé plusieurs cas d’examens reportés faute de disponibilité d’appareils et les longues listes d’attente. Après plusieurs mois de pression, les radiologues obtenaient 1 milliard de $ pour l’achat d’appareils d’imagerie par résonance magnétique, etc.

 Les radiologues ont ensuite fait savoir aux Canadiens l’état de délabrement des appareils de radiographie utilisés dans les hôpitaux canadiens. Les gouvernements n’ont pas apprécié, mais les Canadiens se régalaient et appuyaient massivement les radiologues. Au lendemain de l’accord des premiers ministres, suite à la Commission Romanow, les radiologues obtenaient 1,5 milliard de $.

Les radiologues ont été patients avec le gouvernement. Ils ont toujours pris le parti du patient (et les Canadiens les ont appuyés massivement). Ils ont su proposer des solutions au gouvernement. Aujourd’hui, tous leurs problèmes ne sont pas réglés, mais les radiologues travaillent en étroite collaboration avec les gouvernements.

Cette note a été postée le Jeudi, janvier 18th, 2007 à 9:16 dans la catégorie GESTION ET RÉSOLUTION DE CRISE, LOBBY, PROTECTION DE VOTRE RÉPUTATION, RELATIONS DE PRESSE, SANTÉ. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


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