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La communication est un rapport symétrique

Jeudi dernier, j’ai assisté à l’atelier sur la pensée de James Grunig, donné par Scott Langdon, consultant et professeur à l’University Guelph-Humber. Je souhaitais en savoir plus sur les théories de Gruning, théories que j’ai enseignées à l’UQAM de janvier à avril. Scott applique les théories de Grunig depuis longtemps et il nous a présenté quatre cas particulièrement remarquables. Le contenu de l’atelier, hélas trop bref (deux heures seulement), a été à la hauteur de mes attentes.

Scott nous a présenté la communication comme un rapport entre une organisation et ses publics (Communication as behavior / relationship). On est loin de l’information « poussée » vers les publics dans le but d’influencer, de l’information diffusée aux publics dans l’espoir qu’une fois informés, les publics se rallieront aux positions de l’organisation. Scott a ensuite expliqué un changement de paradigme. L’interprétation symbolique (Symbolic interpretive) qui dérive d’une communication bidirectionnelle asymétrique, c’est-à-dire une communication dans laquelle une organisation entre en contact avec un public dans le but de l’influencer. Il peut y avoir échange et dialogue entre l’organisation et son public, mais l’organisation ne change en rien sa position ou son produit / service. Dans ce modèle, les relationnistes utilisent des médias tels la publicité et les relations de presse dans des efforts surtout tactiques de persuasion.

L’autre modèle, la gestion stratégique des comportements (traduction libre et je l’espère fidèle de Strategic Management Behavioral), est basé sur la communication symétrique bidirectionnelle, c’est-à-dire un dialogue au cours duquel les opinions, valeurs et comportements de l’organisation et de son public sont d’égale importance. J’entends déjà les objections. Et Dieu sait si Grunig a essuyé son lot d’objections et de critiques des relationnistes lorsqu’il a publié ses théories pour la première fois. Grunig bouleverse des dizaines d’années de relations publiques tactiques basées sur l’influence et la propagande. L’influence et la propagande ont été des modèles utilisés avec succès après la première guerre mondiale, au moment de l’effondrement des bourses. La communication a beaucoup évolué depuis. Aujourd’hui, avec la montée des réseaux et médias sociaux, avec la volonté des individus de participer aux conversations et à la création de contenus, il faut plus que de l’information et de la propagande pour faire de la communication. Je vous laisse sur cette citation : « Today, sophisticated PR practitioners understand people exercise control over how they use media rather than media controlling behavior of people who use it. »

Je poursuivrai mes commentaires sur l’atelier de Scott Langdon dans quelques autres billets.

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Cette note a été postée le Lundi, mai 12th, 2008 à 8:58 dans la catégorie COMMUNICATIONS, MATIÈRE À RÉFLEXION, RÉFLEXIONS ET EXPÉRIENCES. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


1 commentaire sur “La communication est un rapport symétrique”

  1. Martyne a écrit:

    Je suis une lectrice assidue, quoique silencieuse. Je tenais à vous faire savoir que j’attendrai avec impatience la suite de vos commentaires. Je surveille ce champs d’activité depuis quelques temps déjà, et j’hésite encore à soumettre l’idée de l’incorporer à mon mémoire, prochainement.
    -Martyne, membre SQPRP, étudiante à la maîtrise en gestion des organisations.

    Bonjour Martyne et merci pour votre commentaire.
    La pensée de Grunig me passionne littéralement et j’essaie, dans toutes mes stratégie de communication d’appliquer le modèle symétrique bidirectionnelle, parce que je suis persuadé que c’est le meilleur moyen d’atteindre les objectifs fixés par mes clients. Mais ce n’est pas toujours possible d’appliquer ce modèle qui, avouons le, est inconnu de la majorité des clients, sans compter qu’il demande aux clients une bonne dose de courage. On en est malheureusement encore au contrôle de l’information (L’information, c’est le pouvoir, écrivait Jean-Jacques Servan-Schreiber), alors que les paradigmes changent pour la démocratisation du pouvoir.

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