S'abonner à mon fil RSS

Le blogue citoyen manque de crédibilité

Je poursuis mon analyse du document Les médias sociaux et la communication du risque.

À la section 2.2, les auteurs analysent le blogue citoyen qui, selon eux, posséderait la fonction d’agenda setting. Il pourrait donc être utilisé pour influencer et modifier l’opinion publique. Le ministère des Services gouvernementaux affirme : « ces lieux sont fort utiles pour recueillir les propositions des citoyens à l’égard des lois et de programmes à élaborer. » Le recours aux blogues (et à la communauté des blogueurs) permettrait, toujours selon les auteurs, de relayer l’information (…) élargissant ainsi le public touché et augmentant le taux de pénétration des messages émis et la possibilité que les comportements prescrits soient adoptés. » Voilà qui est très juste.

L’analyse dévie vers le négatif lorsqu’elle traite de la crédibilité du blogue, parce qu’il n’est pas soumis à un code d’éthique strict. Je comprends cette hésitation. Replaçons-nous cependant dans le contexte de cette analyse, soit l’utilisation du blogue dans un contexte de pandémie de grippe aviaire. Dans ce contexte, l’information doit venir du gouvernement. C’est sa responsabilité. De plus, la gravité d’une pandémie de grippe aviaire demande que l’information diffusée provienne d’une source sûre et que l’information soit vérifiée avant sa diffusion. Jusque là, je n’ai aucun problème. Là où je m’interroge, c’est sur l’apparent refus (si j’ai bien lu) d’avoir recours à la communauté des blogueurs qui s’intéressent à la question comme relayeurs de l’information, ce qui contredit la propre analyse citée précédemment. Personne ne pourra empêcher les blogueurs de publier des billets sur une éventuelle pandémie de grippe aviaire et de relayer l’information en provenance du gouvernement. Je ne crois pas que cet aspect dérange le gouvernement. Ce qui semble déranger, c’est que les blogueurs, tout en relayant l’information, émettent des commentaires et des critiques sur la gestion gouvernementale de la pandémie. D’où la position gouvernementale à l’effet qu’il n’y ait qu’une seule source d’information (gouvernementale).

Je relis le titre de ce billet (qui traduit la pensée des auteurs de l’étude, pas la mienne) et je me dis que parfois, les élus veulent bien entendre les citoyens et, parfois, ils n’ont rien à cirer de ce que ces mêmes citoyens peuvent penser… Mais ça, ce n’est pas une grande découverte.

Mots-clés : , , ,

Cette note a été postée le Vendredi, janvier 16th, 2009 à 9:11 dans la catégorie CONSULTATIONS PUBLIQUES, RÉFLEXIONS ET EXPÉRIENCES, RELATIONS PUBLIQUES, SANTÉ. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


3 commentaires sur “Le blogue citoyen manque de crédibilité”

  1. Judith a écrit:

    Bonjour,
    Très belle réflexion !
    Est-ce qu’on devrait comprendre que si nous travaillons sur une campagne sociétale de communication, il serait dangereux d’utiliser les médias sociaux de peur de perdre le contrôle des messages (surtout s’il s’agit de l’état de préparation à un sinistre) ?????

    Je crois sincèrement que ce moyen actuel de communication ne devrait pas être négligé, puisqu’il pourrait contribuer à rejoindre une partie de la population qui s’intéresse de moins en moins aux outils de communication traditionnels !!! Qu’en pensez-vous ???
    Je crois aussi qu’une bonne campagne de communication utilisant les médias sociaux (bien ficelée bien sûr) peut aussi être repris par les médias tranditionnels. En effet, de plus en plus de journalistes cherchent des sujets sur le Web….

    J’en aurais long à dire sur ce sujet, mais je vais attendre d’avoir mon propre blog. hi hi !
    Au plaisir :-)
    Judith G.

    Chère Judith,
    Vos remarques sont tout à fait à point. C’est devenu incontournable : les médias sociaux doivent absolument être pris en compte lors de l’analyse et de l’élaboration d’une stratégie de communication. Ce sont de formidables moyens qui nous sont désormais offerts. Malheureusement, le choix de ces moyens, le simple fait de les considérer, amène un changement de paradigme chez les spécialistes de la communication qui ont été formés et habitués à contrôler le message, à faire, dans trop de cas, de la communication asymétrique et surtout unidirectionnelle (le vieux modèle push). Dans le cas de la préparation à un sinistre, comme vous l’évoquez, il faut évaluer l’opportunité d’utiliser les médias sociaux comme relayeurs de l’information, par exemple. Vous avez raison, il y aurait une longue discussion à avoir sur le sujet et je vous encourage à créer votre propre blogue. Venez faire un tour aussi à Yulbiz mardi soir prochain (27 janvier, 18h00 au Chesterfield) et rencontrer des blogueurs et des gens qui s’intéressent aux nouvelles formes de communication. Ou assistez à 3eMardi/Third Tuesday, un autre forum de discussion sur les médias sociaux.

  2. Lyne Robichaud a écrit:

    Un coordonnateur de l’information des mesures d’urgences au gouvernement du Québec s’est exclamé, lorsqu’il a pris connaissance de l’existence de Zonegrippeaviaire.com: « Avez-vous demandé la PERMISSION au gouvernement avant de créer cette patente-là? »

    Parce que c’est ainsi que nos autorités québécoises pensent: les citoyens devraient d’abord déposer une demande d’autorisation auprès du gouvernement pour savoir s’ils ont, oui ou non, le droit de penser par eux-mêmes à propos des préparatifs pandémiques.

    Ces démarches ont eu lieu en janvier 2008.

    Depuis, une année entière s’est écoulée. Cela aurait amplement laissé le temps aux autorités québécoises de trouver une manière de collaborer avec des membres de la sphère du Flublogia.

    Aux États-Unis, le moindre bloggeur sur l’influenza a été intégré dans les nombreux comités de travail en lien avec les préparatifs pandémiques du gouvernement fédéral à Washington.

    Cinq agences fédérales en lien avec ce domaine diffusent désormais de l’information et échangent avec des citoyens américains (et autres citoyens du monde) sur Twitter.

    Une infrastructure de collaboration, ainsi que des outils de dialogue 2.0, ont été mis en place ces derniers mois, afin que puissent être mis en oeuvre des préparatifs sociaux aux États-Unis. Comme cela est notamment recommandé par l’ONU et la Banque mondiale (dans un rapport publié en octobre dernier). Ceci s’inscrit dans les valeurs de transparence, de participation et de collaboration annoncées dans un mémo présidentiel signé par Barack Obama (http://www.whitehouse.gov/the_press_office/TransparencyandOpenGovernment/).

    Que fait notre administration gouvernementale québécoise pendant ce temps dans ce domaine?

    ABSOLUMENT RIEN.

    Le document « Les médias sociaux et la communication du risque » avait pour but véritable – cela est des plus évidents – de verrouiller la porte à toute collaboration avec la sphère du Flublogia.

    Donc, depuis mai 2008, les autorités n’ont donc pas eu à lever le petit doigt. Elles sont tout simplement confortablement assises sur leur déni.

  3. Lyne Robichaud a écrit:

    Pour votre information, je parle de vos deux derniers billets analysant le document « Les médias sociaux et la communication du risque » dans « Québec n’a pas énoncé les vraies raisons de son déni du Flublogia, d’après Pierre Bouchard » (http://lynerobichaud.blogspot.com/2009/01/quebec-na-pas-enonce-les-vraies-raisons.html)

Laissez un commentaire