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Faut-il connaître les ministres pour faire du lobbying ?

Depuis plusieurs années, je m’intéresse aux relations gouvernementales, ce que l’on appelle habituellement le lobbying. J’en ai fait à plusieurs reprises alors que j’occupais des postes de directeur des communications et j’en ai fait pour des clients depuis que je fais de la consultation. Récemment, je me suis inscrit au registre des lobbyistes, car je sais que je vais accompagner quelques clients très prochainement dans des activités auprès de fonctionnaires et de décideurs politiques.

Je me suis toujours appliqué à réfuter certaines croyances populaires, du genre : connais-tu tel ministre ou tel député ? As-tu des contacts auprès des fonctionnaires de tel ministère ? Réponse : il n’est pas nécessaire d’avoir des contacts pour faire des relations gouvernementales et ceux et celles qui pensent que ça aide à faire avancer des dossiers croient à la pensée magique. Rémi Bujold, de Ryan Affaires publiques, donnait justement un atelier sur les relations gouvernementales la semaine dernière. J’y étais. J’ai été heureux de constater qu’il est du même avis que moi (et pourtant, il en connaît des ministres et des fonctionnaires). Il a rappelé également que les principes de base en affaires gouvernementales sont : comprendre le contexte, se préparer et faire partie de la solution plutôt que du problème. C’est exactement ce que j’ai conseillé à l’Association canadienne des radiologistes qui, au terme de quelques années d’affaires publiques et de relations gouvernementales, a obtenu 2,5 milliards de dollars pour l’achat et le renouvellement d’équipements d’imagerie diagnostique. Une très belle victoire et une stratégie qui a été soulignée à travers le pays et par le American College of Radiology.

Autre croyance à déboulonner : s’adresser au ministre en premier. Erreur, car ce sont les fonctionnaires qui préparent les dossiers et qui conseillent le ministre.

C’est comme en relations médias ; je me fais souvent demander si je connais des journalistes. Ça me fait sourire : j’ai fait des relations médias dans presque toutes les provinces, de Vancouver à St.John, sans connaître un seul journaliste, et j’ai toujours obtenu une bonne couverture de presse parce que j’avais une bonne nouvelle, un bon dossier et un excellent porte-parole.

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Cette note a été postée le Vendredi, février 13th, 2009 à 8:25 dans la catégorie COMMUNICATIONS, LOBBY, RELATIONS PUBLIQUES. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


2 commentaires sur “Faut-il connaître les ministres pour faire du lobbying ?”

  1. Aurélie Alaume a écrit:

    C’est drôle, je découvre (dans le cadre de mes études) les relations gouvernementales et je commence à comprendre pas mal de choses…Notamment qu’effectivement les hauts- fonctionnaires sont des personnes-clefs à qui il faut présenter des dossiers bien pensés, intelligemment, en fonction des règles établies. Pour le politique, ça se fait en parallèle, mais l’un ne va pas sans l’autre.
    C’est un équilibre intéressant, un rapport de « forces » que je ne soupçonnais pas. J’en ai fait un modeste billet mardi dernier! Comme quoi!
    Vos articles sont toujours très instructifs..merci.

    Les relations gouvernementales sont l’un des aspects de notre profession qui me facine le plus. Je vous encourage à vous y intéresser. Et je vous envie de découvrir si tôt ce que j’ai mis plusieurs années à découvrir et à comprendre.

  2. Grande-Dame a écrit:

    Un simple mot pour vous dire que j’apprécie vos billets sans prétention toujours bien articulés, pragmatiques et instructifs.

    Je ne commente jamais mais votre approche et vos réfléxions me font réfléchir.

    Merci

    Merci pour ce commentaire et, je vous en prie, n’hésitez pas à partager vos idées. Mon blogue sert à cela et les discussions qui s’y déroulent enrichissent mon quotidien.

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