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La tentation du blogue

L’amie Michelle Sullivan me demandait mon avis, hier, sur son billet La gestion de sa marque personnelle. Nous avons échangé via Facebook et nos échanges ont dérivé sur la notion de transparence. Probablement parce que c’est un sujet sur lequel je réfléchis en ce moment.

La transparence est branchée ; la transparence est tendance en ce moment. Surtout pour la communauté des blogueurs et promoteurs du Web 2.0. J’appuie, mais je m’interroge, particulièrement sur la transparence du blogueur lorsque le blogue est utilisé comme outil dans une stratégie de communication. Le blogue est en train de devenir tendance, la « saveur du mois » pour certains. Le blogue de First Capital a produit des résultats inespérés. Aucun problème. (Si c’était à refaire, je le referais différemment. Mais ça, c’est une autre discussion.) Le blogue de Metro a moins bien performé : très peu de visites, très peu de commentaires et, surtout, une personne qui a inondé le blogue de commentaires négatifs. J’en ai parlé dans un billet précédent. Les quatre premiers commentaires du citoyen en question ont été publiés ; les autres ont été bloqués. La raison ? À l’étape où était rendu le projet de mon client, la publication des commentaires était jugée dommageable pour l’issue du dossier. En d’autres mots, nous n’allions pas publier ces commentaires et risquer de perdre la bataille (Je rappelle que les résidents devaient se prononcer pour ou contre le projet de mon client.) Donc, l’objectif final l’a emporté sur la transparence.

Questions :
– Les consultants en RP et Web 2.0 devraient-ils refuser à un client la mise en ligne d’un blogue en sachant qu’à la première menace, aux premiers commentaires négatifs, le client tournera le dos à la transparence et bloquera les commentaires ?
– Est-on en train de trahir le blogue, de le dénaturer, de le subordonner à des impératifs bassement mercantiles et commerciaux? — Un client qui a un projet controversé, qui sait que son projet sera attaqué par des groupes d’opposants et qui met un blogue en ligne pour entretenir une conversation (afin d’informer, d’influencer, de convaincre ceux et celles qui s’interrogent et qui ne font pas partie des opposants) ne risque-t-il pas que tous les opposants inondent le blogue de commentaires négatifs ? Que fait-il ? Que peut-il faire ?

Prenons un blogue d’affaires, vous en connaissez. L’auteur d’un blogue d’affaires doit-il pousser la transparence au point d’accepter tous les commentaires négatifs ? Elizabeth Hirst suggérait (et j’ai repris sa suggestion ici) de bloquer les commentaires à partir d’un certain moment, de prévenir les lecteurs et, même, de déposer les commentaires ailleurs afin qu’ils puissent être vus.) Certains diront que c’est pratiquer une forme de non transparence. Que dites vous ?

Plusieurs sont opposés au ghost blogging. Soit. Qu’est-ce qu’on fait du discours prononcé par un chef d’entreprise, mais rédigé par une tierce personne ? Qu’est-ce qu’on fait du chef d’entreprise qui accorde une entrevue, mais dont les messages ont été préparés par ses conseillers en RP, messages qu’il a appris par coeur ? Qu’est-ce qu’on fait du « nègre », soit la personne qui rédige un livre pour le compte d’une autre personne ?

Je pourrais continuer longtemps ainsi. J’ai des réponses à proposer, des nuances à apporter, des balises et des frontières à placer dans certaines situations, mais je suis intéressé par vos idées et par vos opinions.

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Cette note a été postée le Mercredi, mars 11th, 2009 à 12:30 dans la catégorie MATIÈRE À RÉFLEXION, MÉDIAS SOCIAUX. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


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