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Et l’éthique, bordel !

Le journaliste de Rue Frontenac.com, Jean-François Codère, me pointait cet après-midi vers un article dans lequel j’apprends que le Federal Trade Commission (FTC) des États-Unis entend exercer une surveillance serrée des blogueurs qui acceptent de rédiger des billets favorables sur des produits et des services en échange de compensation monétaire. Un blogueur peut ainsi recevoir plusieurs milliers de dollars pour un billet d’à peine 200 mots. En vertu d’un nouveau projet de loi, la FTC pourrait « agir » contre des blogueurs qui accepteraient des compensations, en argent ou en produits et services, pour des billets favorables, MAIS QUI OMETTRAIENT DE LE FAIRE SAVOIR. La FTC pourrait aussi agir contre les commanditaires des blogueurs. Nous revoilà dans l’éthique encore une fois, sujet dont nous avons débattu lors du 3e Mardi/Third Tuesday du 16 juin dernier.

Ce que j’en pense ? Je ne crois pas qu’on puisse empêcher une entreprise d’inviter des chroniqueurs automobiles, par exemple, à faire l’essai de leurs derniers modèles sur la côte californienne ou sur un prestigieux circuit de course européen, toutes dépenses payées évidemment. Dans ces cas, les journalistes ont l’honnêteté de le mentionner à la fin de leur article. C’est une pratique fréquemment observée chez les chroniqueurs de voyage et autres. Dans ces cas, je lis ces chroniques en observant une grande réserve. Je n’aurais pas de problème à consulter des blogues dans lesquels les blogueurs feraient savoir qu’ils ont été payés pour écrire leurs billets. Dans ces cas également, je consulterais les billets en activant mon sens critique.

Là où ça fait mal (non je n’ai pas été payé par la compagnie qui fabrique cette foutue crème et dont c’est le slogan), c’est lorsque les lecteurs ignorent que l’auteur des lignes a été payé pour donner une opinion… disons favorable. Là, je ne marche plus. Les consommateurs (j’en suis) en ont plus que ras-le-bol de se faire seriner les qualités du produits X, les avantages du service Y dans des réclames publicitaires souvent insipides. D’où la préférence des consommateurs pour les opinions de leurs pairs, sur des sites d’évaluation de forfaits vacances et de complexes hôteliers (lesquels déjà, car je planifie un voyage ?) Or, quand une blogueur, souvent considéré comme un pair, trahit la communauté…

Thierry Pauchant, titulaire de la Chaire de management éthique de l’École des hautes études commerciales, rappelle qu’il y a trois niveaux d’éthique. Premier niveau : l’observation de la loi ou de codes (comme dans code d’éthique ou de déontologie). En général, c’est un niveau facilement accessible, mais chacun a le loisir de décider s’il observe la loi ou s’il se conduit en fonction du code d’éthique de sa profession. Ce n’est pas toujours le cas (rappelez-vous Bixi). Second niveau : une organisation ou un individu qui décide d’adopter un comportement éthique dans l’espoir d’en retirer quelque chose. Il paraît que les politiciens pratiquent beaucoup le second niveau. Sont-ils toujours sincères ? J’en doute. Troisième niveau : une organisation ou un individu qui adopte un comportement éthique de façon tout à fait gratuite. Selon Thierry Pauchant, très peu d’organisations ou de personnes sont à ce niveau.

En définitive, l’éthique relève des valeurs propres aux individus et à nos sociétés. Certains ont de l’éthique, d’autres en ont moins, d’autres pas du tout. Les associations et regroupements peuvent adopter des codes d’éthiques et demander à leurs membres de se conduire dans la stricte observance du code d’éthique, mais quelles garanties auront elles ? Plusieurs associations ont fait savoir que leurs membres pris en flagrant délit d’astroturfing ou de de publicité/communication publique mensongère seraient exclus de l’association. OK, mais ça n’empêchera personne de se livrer à de telles pratiques.

La solution ? Je cherche. En attendant, soyons prudents, critiques et sceptiques mes amis. Et dans le doute, abstenons-nous…

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Cette note a été postée le Mardi, juin 23rd, 2009 à 7:23 dans la catégorie MATIÈRE À RÉFLEXION, PROTECTION DE VOTRE RÉPUTATION, RÉFLEXIONS ET EXPÉRIENCES, RELATIONS PUBLIQUES. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


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