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Le Quadrilatère Saint-Laurent serait moins critiqué si…

Récemment, j’ai eu deux conversations fort intéressantes avec des amis et collègues. Elles portaient sur les stratégies pour faire accepter des projets immobiliers ou d’une autre nature, sur les mouvements d’opposition populaires et sur les consultations publiques. L’un de mes amis déclarait : Tu as développé une expertise dans ce qu’on appelle l’acceptabilité sociale. Cet ami confirmait, par cette expression, l’expertise que je développe depuis une douzaine d’années pour des clients du secteur immobilier.

Qu’est-ce que l’acceptabilité sociale ? Julie Caron-Malenfant et Thierry Conraud la définissent ainsi : « Le résultat d’un processus par lequel les parties concernées construisent ensemble les conditions minimales à mettre en place, pour qu’un projet, programme ou politique s’intègre harmonieusement, et à un moment donné, dans son milieu naturel et humain. » Quel est ce processus ? Ce sont des activités d’échange d’information entre toutes les parties impliquées, tenues le plus tôt possible.

Malheureusement, bon nombre de projets sont élaborés en privé, sans consultation, et sont ensuite présentés au public qui se retrouve devant un fait quasi accompli. C’est là où ça ne passe pas. On l’a vu avec le projet du Casino de Montréal au bassin Peel. On l’observe en ce moment avec le projet du Quadrilatère Saint-Laurent.

Il y a de cela environ 5 ans, un client a fait appel à mes services. Un de ses projets avait été bloqué par un groupe de citoyens. J’ai mis 6 mois à faire changer d’avis les citoyens en question. J’ai ouvert des canaux de discussion avec les citoyens. Tranquillement, leur nombre a augmenté. Le mot discussion est ici très important, car il s’agit de communication bidirectionnelle. Il a fallu beaucoup d’humilité et d’ouverture d’esprit au client pour se prêter à ce jeu. Comme l’écrivent Caron-Malenfant et Conraud : « Malgré la tendance naturelle a chercher l’approbation et à fuir la critique, cette dernière (la discussion entre individus), si elle est bien formulée et canalisée, peut devenir un atout important pour un promoteur. D’autant plus que tôt ou tard, sollicités ou non, les points de vue finiront par trouver une voie pour s’exprimer. »

En effet, avec Internet, les groupes parviennent à transmettre leur point de vue. Rappelez-vous le projet Devimco et la série de blogues qui ont été ouverts. Faites une recherche sur le Quadrilatère Saint-Laurent et vous trouverez un groupe Facebook, le blogue d’un psychiâtre, une pétition en ligne, le blogue du Cabaret Cléo, etc.

Lors d’une conférence de presse, Christian Yaccarini de la Société de développement Angus (le promoteur) déplorait que les audiences de l’Office de consultation publique de Montréal ont été tenues trop tard. En effet, La SDA aurait peut-être dû engager des discussions avec les parties intéressées beaucoup plus tôt.

Julie Caron-Malenfant et Thierry Conraud sont les auteurs d’une plaquette intitulée : Guide pratique de l’acceptabilité sociale, publiée au Éditions D.P.R.M.

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Cette note a été postée le Mercredi, août 12th, 2009 à 9:11 dans la catégorie COMMUNICATIONS, CONSULTATIONS PUBLIQUES, GESTION ET RÉSOLUTION DE CRISE, MÉDIAS SOCIAUX, RELATIONS PUBLIQUES. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


1 commentaire sur “Le Quadrilatère Saint-Laurent serait moins critiqué si…”

  1. Sophie Labelle a écrit:

    Très intéressant ton billet Pierre. Lorsque j’étais stagiaire pour Transport Québec, je me demandais pourquoi tous les projets proposés par le Ministère soulevait automatiquement des tollés de la part de groupes de toutes sortes, etc. Que ce soit un projet lié à une autoroute ou lié au transport en commun, il y avait toujours quelqu’un pour détruire le projet. Au lieu de collaborer avec ses groupes et avec les municipalités par exemple, j’ai l’impression que le travail devait se faire surtout en silo par peur probablement de la critique. Avancer à reculons, dans un contexte en plus politique, n,a fait que faire avorter plusieurs projets qui, pour la plupart, étaient fort intéressants. Si on consulte dès le départ et qu’on demeure ouvert aux discussions avec tous les publics impliqués par un projet, on ne peut qu’espérer un résultat positif. C’est ça des relations publiques : des relations avec les publics.

    PB :Tu as raison Sophie. La plupart des projets sont développés en privé et, ensuite, le promoteur se lance dans la série d’études d’impact et de consultations parce qu’il n’a pas le choix. On dirait que le processus fonctionne à l’envers. Et puis, il y a souvent l’absence de volonté politique lorsqu’une poignée d’électeurs font un peu trop de bruit. Je risque, par cette dernière phrase, de m’attirer les foudres de plusieurs. Ultramar menace de « tirer la plogue » sur son projet de pipeline Lévis-Montréal qui est bloqué par une poignée de gentils propriétaires et soudainement les élus, qui avaient tous accepté le projet, se font très silencieux. J’ai un client en ce moment qui menace aussi de « tirer la plogue » après des tractations qui durent depuis 5 ans avec une poignée de gentils propriétaires, de fonctionnaires et de politiciens. Pathétique.

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