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Marianopolis: La peur d’aller de l’avant et l’immobilisme en matière d’aménagement urbain

L’actualité ne cesse d’aborder les questions de développement urbain et les grands projets qui seraient bloqués par « des groupes de pression plus enclins à désinformer qu’à proposer un projet harmonieux et constructif ». C’est ce que je lis dans la section Opinion de l’édition de La Presse d’aujourd’hui. Pierre Pomerleau, président-directeur général de Pomerleau inc., signe une opinion ce matin dans laquelle il revient sur le projet de Développement Cato sur le site de l’ancienne école Marianopolis. Sa position est directe : il accuse Montréal de faire preuve d’immobilisme en matière d’aménagement urbain. Refrain connu.

Refrain connu aussi qui consiste à camper les opposants en des termes en apparence irréconciliables. D’une part, le promoteur, qui propose un projet de qualité, « en évolution constante »; un projet « porteur d’avenir » (expression cliché vide de sens, car de quel avenir est-il question ici?); un « investissement privé de 300 millions de dollars », qu’on ne doit surtout pas « laisser filer ».

D’autre part, rien qu’un « petit nombre de groupes de pression » ou encore des « opposants de tout acabit » (À remarquer ici les sous-entendus).

Après un tel portrait, la conclusion ne peut être que désolante et menaçante : « À Montréal, il existe un palmarès peu enviable de projets qui sont morts né parce que l’arbre a souvent caché la forêt aux opposants de tout acabit. » Le jugement est donc rendu et la solution proposée s’avère fort simple. C’est aux opposants à mettre de l’eau dans leur vin et à modifier leur position de façon à ce que le projet « porteur d’avenir » puisse se réaliser.

J’ai l’air cynique. Je donne peut-être l’impression que je prends la part des opposants, méritant moi aussi l’étiquette d’opposant de tout acabit. Que non! Je tente seulement de mettre en évidence ce qui m’apparaît comme des failles dans la façon traditionnelle de concevoir des projets, de les présenter ensuite au grand public et de mener parfois (pas toujours) des simulacres de consultation. Ça ne marche tout simplement pas (ou plus). Dans ce dossier, il y a trois parties concernées : le promoteur, les personnes concernées des zones adjacentes et les autorités gouvernementales qui ont un rôle de protection du patrimoine et du territoire. Le promoteur doit être prêt à écouter et à modifier son projet. Les personnes concernées doivent aussi être disposées à écouter et à nuancer leur position. Les autorités gouvernementales doivent enfin avoir une position claire et FERME sur l’aménagement d’un territoire de la qualité et aussi chargée en symbolisme que celui du Mont-Royal. Je me demande si c’est le cas dans ce dossier.

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Cette note a été postée le Lundi, août 17th, 2009 à 8:31 dans la catégorie CONSULTATIONS PUBLIQUES, ENVIRONNEMENT, GESTION ET RÉSOLUTION DE CRISE, RELATIONS PUBLIQUES. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


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