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Richard Bergeron peut-il faire de la politique différemment et gagner?

Cette question me hante depuis le début de la campagne électorale municipale. Elle est revenue dans le texte de Louise Leduc, publié dans l’édition de La Presse du 7 novembre dernier. Vers la fin de l’article, Louise Leduc écrit, citant en partie Richard Bergeron : « La conférence de presse va rondement, « et ça se serait tout aussi bien passé si je n’avais pas eu ce briefing préalable de mon équipe de communication », lance Richard Bergeron, convaincu que la population veut un politicien le plus naturel possible. »

Ce n’est pas la première fois que j’entends Richard Bergeron dire qu’il veut demeurer simple, franc, naturel, aux antipodes du politicien classique qui évalue chaque réponse, soupesant et jaugeant les formules et les mots qui plairont. Durant la campagne, il est demeuré fidèle à ses idées. Il a répondu directement aux questions qui lui étaient posées (du moins dans les entrevues que j’ai vues et entendues).

Dans l’article de Louise Leduc, on devine qu’il s’est quelque peu laissé « bouffer » par son équipe de communication, mais qu’il a aussi résisté. La question est : Qui a raison ? Richard Bergeron ou son équipe de communication? Je crois que les deux ont raison. Je m’explique.

J’estime que Richard Bergeron doit suivre son instinct qui lui dit de s’éloigner de la façon traditionnelle de faire de la politique. Parce que cette façon traditionnelle représente en grande partie ce que les jeunes et les moins jeunes détestent. Lorsqu’un politicien ne répond pas à une question pour passer son message, on peut comprendre ses motivations. Mais il reste que le public se rend parfaitement compte que le politicien esquive et il lui en fait le reproche. Lorsqu’un politicien ne répond pas à une question et propose à la place des lieux communs ou des propos vagues, le public s’en rend compte. Je l’ai entendu de la bouche de plusieurs personnes lors d’une activité à laquelle participaient les trois chefs. Ça ne passe tout simplement pas… ou plus.

Je pense aussi que Richard Bergeron doit prendre le temps d’écouter ses conseillers en communication. Ils lui ont sans doute souligné ses déclarations malheureuses sur la théorie du complot le 11 septembre, sur la cigarette qui serait bonne pour sa santé, sur le fait qu’il a des théories sur tout. À voir comment ces déclarations lui ont collé à la peau pendant toute la campagne (elles vont lui coller à la peau encore un bon moment) et comment ses adversaires les ont utilisées contre lui, on comprend qu’il aurait dû s’abstenir.

Où se trouve la solution ? J’ai souvent observé deux phénomènes. Premièrement, l’entourage d’un personnage politique en vient, à un certain moment, à ne plus distinguer l’arbre de la forêt. Les conseillers ont de la difficulté à prendre du recul, à remettre les choses en perspective, trop pris par la campagne et constamment distraits par l’avalanche de courriels et de coups de téléphone à toute heure du jour (et de la nuit), tous les jours de la semaine. Deuxièmement, il vient un moment où il y a trop de conseillers, donc trop d’opinions et de voix discordantes (sans compter les rivalités entre conseillers). Ça peut devenir étourdissant.

Revenons donc à la question qui coiffe ce billet : Richard Bergeron peut-il réussir en refusant d’être un politicien traditionnel ? Je pense que oui et il devrait suivre son idée. Sauf que s’il prend cette décision, il devra revoir les façons de faire de ses conseillers. On ne peut s’afficher comme un politicien différent, mais reproduire les vieux modèles d’organisation électorale et les modes traditionnels de fonctionnement.

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Cette note a été postée le Lundi, novembre 16th, 2009 à 1:52 dans la catégorie POLITIQUE MUNICIPALE, RÉFLEXIONS ET EXPÉRIENCES. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


1 commentaire sur “Richard Bergeron peut-il faire de la politique différemment et gagner?”

  1. Philipe Tomlinson a écrit:

    100% d’accord! N’est-ce pas ce que l’on recherche? Des gens qui se lancent en politique sans nécessairement faire de la politique.

    Le meilleur conseil qu’un conseiller politique peut donner? Sois toi-même.

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