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Pourquoi les ordres professionnels négligent-ils leur site Internet?

Je me pose souvent cette question lorsqu’il m’arrive de parcourir le site Internet d’un ordre professionnel. Remarquez, je me pose la même question quand j’examine le site Internet d’une association, mais bon…

Pourquoi est-ce que je me pose cette question ? Parce que je vois trop d’occasions de communication ratées, d’investissements en argent et en temps qui pourraient rapporter beaucoup plus. Je m’explique.

Un site Internet, ce devrait être le moyen de communication par excellence retenu dans une stratégie de communication globale dirigée vers les publics cibles de l’organisation. (À la place, on met la brochure institutionnelle en ligne et on n’y touche plus.) Le site devrait être fréquenté assidûment, fréquemment. On devrait y retrouver beaucoup d’information constamment mise à jour (sur une base quotidienne, hebdomadaire), information qui s’enrichit au fil des développements dans l’actualité. Or, à en juger par l’information que je retrouve sur ces sites chaque fois que j’y retourne, par la hiérarchisation de la communication (ou manque de hiérarchisation), par le choix des mots, etc., je ne m’étonne pas que ces sites ne retiennent pas l’attention du grand public. J’oubliais, c’est parce qu’ils sont conçus d’abord pour les membres des ordres. Cela, même si chaque ordre professionnel a pour mandat la protection du public. Il y a le mot public dans la mission de ces ordres, comme dans monsieur et madame, consommateurs. Bon. À mon avis, ces sites devraient être conçus pour le public (que chaque ordre doit protéger), avec une section accessible aux membres uniquement, mais c’est rarement le cas.

Avant d’écrire ce billet, j’ai visité les sites de quelques ordres. J’ai choisi des ordres dont les membres sont en contact avec les consommateurs. Résultat ? Après quelques secondes, j’avais le goût de me retrouver ailleurs. Rien (ou si peu) d’intérêt pour moi. Et pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent. Mais je n’y retrouve que du texte, du texte et encore du texte, rédigé dans un langage peu accessible, sur un ton soporifique. Bref, c’est comme si on ne voulait pas que je m’attarde sur le site. Si c’est le cas, l’objectif est atteint.

Sur le site, peu d’éléments visuels (rien que des photos de banques d’images, tellement léchées qu’on dirait des mannequins dans la vitrine d’un magasin), surtout pas de la vidéo, de la photo ou des enregistrements sonores. Du texte, je vous dis. Toujours les mêmes textes. Peu de nouvelles. S’il y en a, elles sont sous forme de communiqué, donc il faut cliquer dessus. Trop long, je vais ailleurs.

Je poursuis l’analyse de ces sites dont les membres sont en interaction avec le public sur une base régulière. Vous vous rendez compte à quel point ces membres ont le pouls des consommateurs. Alors pourquoi ne pas en profiter pour enrichir le site Internet? On ne le fait pas : occasion ratée. Pour le faire, il faudrait demander aux membres et, pourquoi pas, parler d’eux sur le site, les mettre en vedette à l’aide de balados. L’Institut Douglas le fait. Un blogue ? Ce pourrait être un bon moyen de rejoindre le public. L’Institut Douglas le fait. Je sais, un ordre n’a pas pour mission de faire la promotion de la profession ou de ses membres, sauf que cette objection ne colle tout simplement pas. Si on utilisait la connaissance et l’expertise des membres, quelle valeur ajoutée on apporterait au site Internet! Quelle valeur ajoutée en terme de protection du public, si, si!

Évidemment, pour que le site apparaisse en première page des résultats de recherche, il faudrait, dans la rédaction des textes, adopter une stratégie de mots-clés. Je sais, je rêve en couleurs. Personne (ou si peu) ne le fait. Il faudrait aussi que les adresses URL de chaque page soient faites pour les moteurs de recherche. J’ai vu sur le site d’une association l’adresse suivante : http://www.nom de l’association/fr/accueil.html. Accueil comme mot-clé, c’est pas fort!

L’occasion ratée qui me fait grimper dans les rideaux, la voici. Ces ordres (et plusieurs autres à n’en pas douter) pourraient utiliser leur site Internet pour présenter et expliquer leurs revendications, suggestions et recommandations aux instances supérieures. Vous savez, les contenus de ces mémoires présentés en commission parlementaire et autres avis au gouvernement, mais que l’on offre au public en format PDF (Il faut encore cliquer dessus et se taper des dizaines de pages de lecture, ZZZ). Ces ordres pourraient utiliser leurs sites Internet pour rejoindre la population, expliquer leurs positions, rallier la population et j’en passe. Je sais, ces ordres mettent leurs mémoires ou communiqués sur leur site. C’est pas la bonne façon de procéder. Et puis les communiqués sont faits uniquement pour les médias traditionnels.

Il y aurait encore plusieurs autres commentaires à faire, mais ce billet serait très long. Je reviendrai peut-être sur ce sujet. Avant de terminer, je vous laisse sur ces deux questions :
– Combien ont coûté ces sites Internet ?
– Ça fait combien pour chaque occasion de communication ratée ?

MAJ
Je reçois ce matin ce courriel du docteur Camillo Zacchia, Ph.D., Chef professionnel – Psychologie à l’Institut Douglas :

Bonjour Monsieur Bouchard,

Merci pour votre encouragement (de nous avoir cité dans votre blogue).

Non seulement ils sont bons, ils sont progressistes et innovateurs, ils font également de la vigie!

Je me suis empressé de lui répondre ceci :
Je vous en prie, c’est tout naturel. Il faut citer en exemple les institutions comme la vôtre qui n’ont pas hésité à utiliser ces nouvelles plateformes de communication pour donner une plus grande valeur ajoutée à l’information dont elles disposent. C’est le public qui est gagnant.

J’aurais souhaité que le gouvernement se servent de telles plateformes dans sa campagne de communication sur la grippe A(H1N1).

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Cette note a été postée le Mardi, novembre 24th, 2009 à 12:29 dans la catégorie ÇA M'ÉNERVE !!!, COMMUNICATIONS, MATIÈRE À RÉFLEXION, RÉFLEXIONS ET EXPÉRIENCES, RELATIONS PUBLIQUES. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


3 commentaires sur “Pourquoi les ordres professionnels négligent-ils leur site Internet?”

  1. Marie Eve Gosemick a écrit:

    Tout à fait d’accord ! (ça m’énerve aussi :))

    Comme les associations professionnelles visent toutes la protection du public, elles auraient certainement avantage à utiliser l’interface de leur site web pour administrer des questionnaires interactifs à la population afin de connaître ses perceptions de l’industrie en question et ses attentes envers celle-ci (et ses recommandations, pourquoi pas ?). De plus, la diffusion de vidéos en ligne provenant de séminaires et de conférences organisés par une association professionnelle est une bonne façon d’augmenter sa crédibilité en démontrant son expertise de façon brève et conviviale (des images ! du son ! et non pas de loooongs communiqués de presse et autres mémoires à télécharger sous format pdf ; ce contenu lourd devrait selon moi être réservé à la section des membres (à qui il s’adresse de toute façon)).

    L’excès de conformisme (à différencier du professionnalisme) serait-il la réponse à la question ? ;)

  2. Philipe Tomlinson a écrit:

    Il y a aussi l’importance de considérer son site Internet comme son propre diffuseur média – tout ce que nous avons à dire, communiquer, vendre et faire valoir devrait s’y retrouver.
    Le médium est là – profitez-en!

  3. Francine Lévesque a écrit:

    Bonjour M.Bouchard,

    Le web 2.0 est avec nous depuis 2004 déjà, mais toute une génération n’a pas encore fait le virage compréhension face à l’importance de l’interactivité et ce malgré avoir adopté une présence web. Il faut se rappeler que le monde de la santé mentale se dessinait derrière les portes closes de nos pratiques, de nos institutions et de nos associations. C’est un changement de culture que d’exposer quoi que ce soit de notre travail sur la place publique du web!

    Nous sommes à l’aire de l’intelligence réseau, mais aussi et peut-être en conséquence, d’un trop plein d’information. Nous souffrons tous malgré nous d’un déficit de l’attention. Il faut donc, comme vous le dites, des moyens de trouver rapidement ce que nous cherchons.

    Bravo à notre équipe des communications qui fait un merveilleux travail de sensibilisation, de diffusion, et d’implantation de ces technologies dans notre environnement de travail; et merci M. Bouchard, de faire mention de la capacité d’innovation de notre institution.

    Francine Lévesque, DAP, MA, ATPQ
    Thérapeute par l’art, blogueuse
    Gestionnaire d’une Communauté de pratique professionnelle virtuelle, qui a fêté ses 10 ans en 2009!

    Mme Lévesque, j’ai eu l’occasion de rencontrer certains des membres de votre équipe de communication au 3e mardi/Third Tuesday l’année dernière. J’ai été impressionné de constater qu’ils accomplissent seuls ce virage vers les nouvelles plateformes de communication sans l’aide de consultants. Ils donnent l’exemple à plusieurs agents de communication et autres relationnistes qui sont hélas encore très en retard, même au moment d’écrire ces lignes. Raison de plus de citer en exemple l’institut Douglas.

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