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Médias sociaux : la saveur du mois ?

Un lien entrant vers mon blogue m’a amené sur un autre blogue dans lequel se déroulait une discussion animée sur les médias sociaux. La discussion en question est ici.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les échanges d’opinion étaient vigoureux; polis mais très vigoureux. Puisque l’on citait en exemple le blogue du Marché du Vieux-Longueuil que j’ai mis en ligne pour First Capital Realty il y a de cela deux ans exactement, j’ai ajouté un commentaire que vous lirez peut-être si vous cliquez sur le lien plus haut.

Celui qui a lancé cette discussion (montée de lait?) s’appelle Étienne Denis. Essentiellement, il dénonce les exagérations et les idées fausses (ce sont ses mots) qui sont colportées sur les médias sociaux. Loin de moi l’idée de dire qui dit vrai dans tout cela. Mais il m’est arrivé par le passé d’exprimer certaines réserves sur les qualités des médias sociaux. Comme par exemple sur l’authenticité et sur la transparence. Je trouve qu’on exagère souvent sur ces deux aspects. Et pourtant je suis un fervent partisan de l’authenticité et de la transparence. Je m’éloigne du « contrôle du message » si cher aux gens de ma profession et que nous ont enseigné nos professeurs dans les programmes de relations publiques. La communication a changé; la société a changée et elle est en mouvance constante. Vaut mieux s’adapter que de résister.

J’ai souvent dit que le blogue, si populaire en ce moment, n’est pas une panacée. Twitter, Facebook, LinkedIn et autres sont sans doute des plateformes populaires et attirantes pour les gens de communication qui voient que le train est en marche et qui subissent des pressions de leur entourage. Ça ne veut pas dire qu’une organisation doit s’y lancer tête baissée.

Plus tôt cette semaine, j’assistais à un événement organisé par la Société québécoise des professionnels en relations publiques sur les Relations publiques et médias 2.0. J’ai pu constater avec regret combien ma propre profession est en retard. Bien sûr, je généralise un peu, mais le niveau des questions m’a jeté par terre tellement elles dénotaient une soif d’apprendre à connaître (et à utiliser) les médias sociaux qui sont pourtant avec nous depuis plusieurs, plusieurs années.

À cette relationniste qui implorait un des conférenciers de lui indiquer par où elle devrait commencer, je répondrais ceci. Commencez par vous documenter sur toutes ces nouvelles plateformes de communication : quelles sont ces plateformes, leur différence, leur utilité et leur fonctionnement et comment elles s’inscrivent dans une STRATÉGIE de communication. Pour cela, ce ne sont pas les événements qui manquent : Yulbiz, Yulblog, 3e Mardi/Third Tuesday, Identity Camp, Webcom et j’en passe. Ce ne sont pas non plus les ouvrages qui manquent sur le sujet.

Ensuite, si vous n’en avez pas un, faites-vous un profil dans Facebook et, tant qu’à y être, dans LinkedIn. Faites l’expérience du blogue avec Blogger (c’est gratuit).

Prenez connaissance des meilleurs « business case », soit les utilisations intelligentes et réussies des médias sociaux dans une STRATÉGIE de communication. Après vous pourrez tenter l’expérience des médias sociaux. Mais ne le faites pas sans prendre en considération la mission de votre organisation et ses objectifs stratégiques (commerciaux, d’affaires, sociaux ou autres) et sans considérer la stratégie de communication mise en place pour soutenir l’organisation.

Si vous voulez aller plus vite, engagez-vous un consultant, il y en a beaucoup.

J’ai mis le mot stratégie en lettres majuscules à plusieurs reprises. Ce n’est pas sans raison. Il est très facile, dans ma profession, de passer directement aux moyens tactiques et d’escamoter des étapes cruciales, soit l’analyse et la réflexion stratégique. Je le vois souvent. Les médias sociaux sont des moyens tactiques, rien que des moyens tactiques. Et même s’ils sont très populaires, ils risquent de desservir votre organisation ou votre client si vous les utilisez sans avoir au préalable fait une bonne analyse stratégique.

Une personne à qui je disais que j’avais utilisé un blogue dans une stratégie de communication il y a deux ans m’a répondu que j’avais été un précurseur. C’est flatteur, mais moi je pense qu’il était temps que je le fasse, après avoir investi de mon temps pour me documenter sur le Web 2.0. En fait, j’étais sans doute en retard…

Peur ceux et celles qui le chercheraient, le blogue du Marché du Vieux-Longueuil n’est plus en ligne après avoir fait de l’excellent travail pour mon client.

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Cette note a été postée le Lundi, novembre 30th, 2009 à 11:44 dans la catégorie COMMUNICATIONS, MÉDIAS SOCIAUX, RÉFLEXIONS ET EXPÉRIENCES, RELATIONS PUBLIQUES. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


4 commentaires sur “Médias sociaux : la saveur du mois ?”

  1. Etienne Denis a écrit:

    Si je comprends bien votre approche, vous vous préoccupez beaucoup plus du bénéfice que vous apporterez à vos clients (penser « stratégie ») que de la solution que vous leur proposez (évangéliser les médias sociaux). J’applaudis! C’est la différence entre être à l’écoute de votre client plutôt que de demander au client d’être à votre écoute.

    Tout à fait exact, Étienne. Mes clients sont des gens d’affaires qui poursuivent des objectifs d’affaires. Il est donc normal que les stratégies de communication que je leur propose collent à leur plan stratégique et qu’elles les soutiennent dans l’atteinte de leurs objectifs d’affaires. Les tactiques de communication que je choisis sont donc subordonnées à la stratégie et elles sont celles qui offrent le meilleur potentiel d’atteinte des objectifs de mes clients, tout en préservant/bonifiant leur image de marque.

  2. Michelle Sullivan a écrit:

    Tout à fait d’accord avec toi, Pierre. J’inviterais tes lecteurs qui se dirigeront vers le texte de M. Denis de lire mon billet original sur rezopointzero .. plutôt que se fier à ce qui est pris hors contexte .. afin de comprendre que comme toi, je crois à un choix stratégique lors de l’élaboration du plan de communication. C’est essentiel.

    Dommage que le blogue du Vieux Longueuil ne soit plus disponible – je le cite souvent comme exemple.

  3. Serge Leclerc a écrit:

    Salut Pierre, Sans vouloir relancer le débat, car je suis le premier à dire à mes clients de commencer par les objectifs et la stratégie avant de penser aux outils, j’aimerais quand même rappeler une nuance importante.

    Au-delà de la question des outils, il faut bien reconnaître que toutes les études sur le sujet confirment l’émergence d’un nouvel influenceur auprès de l’opinion publique : le webacteur.

    Ce webacteur, on doit comprendre :
    – qui il est
    – comment il parvient à influencer l’opinion publique
    – et comment les marques ou les entreprises peuvent utiliser ses outils pour elles aussi, contribuer à la conversation en ligne.
    Et comme on dit, ce n’est pas quand sa maison prend feu qu’il est temps d’apprendre le métier de pompier!

    Il faut reconnaître que les médias sociaux entraînent avec eux une toute nouvelle dynamique qui s’appuie sur de nouvelles pratiques et de nouveaux outils que les relationnistes, pour la plupart, ne maîtrisent pas du tout. En fait, comme nous l’avons vu à l’événement de la SQPRP, ils n’ont souvent aucune idée de ce que ça implique!

    Or, il n’y a pas cinquante solutions. On y va avec prudence, mais on va! Après tout, apprendre se fait a travers l’expérimentation. Enfin, ultimement, ce sont les relationnistes qui doivent aider leur organisation à réussir son passage aux médias sociaux. Et si les professionnels des relations publiques ne sont pas à la hauteur pour exercer ce leadership, quelqu’un d’autre le fera à leur place!

    Serge Leclerc

    Bien dit (écrit) Serge,

    Il y a cinq ans, sous les encouragements de Michelle Blanc, je me suis lancé, comme on dit, dans l’apprentissage des médias sociaux. Michelle a été mon coach, puis les Philippe Martin, Claude Malaison, Geoffroi Garon et autres, m’ont accompagné dans mon apprentissage des médias sociaux. Comme tu l’écris : « On y va avec prudence, mais on y va! » C’est exactement ce que j’ai fait. Tu écris aussi que « (…) si les professionnels des relations publiques ne sont pas à la hauteur pour exercer ce leadership, quelqu’un d’autre le fera à leur place. » C’est le très grand danger qui guette notre profession. Or, je vois déjà d’autres professionnels exercer le leadership que nous devrions exercer. Pas rassurant.

  4. Matthieu Sauvé a écrit:

    Bonjour Pierre,

    Je m’avance sur la pointe des pieds dans cette discussion, étant entendu que je ne suis pas – loin de là – un spécialiste des médias sociaux. Je veux simplement souligner que ce que j’ai trouvé le plus rafraîchissant dans tout ce « débat », c’est une certaine – et relativement rare, me semble-t-il – pluralité de points de vue sur la question des nouveaux médias, pluralité qui témoigne d’une approche critique qui nous change un peu de « l’unanimisme » ambiant qui me semble régner depuis quelques années. Or, je pense que c’est justement en confrontant des points de vue différents qu’on fera avancer la discussion. Et je pense que Serge et toi avez raison : avant de parler outils, peut-on parler objectifs ? Enfin, merci pour ce billet réjouissant !

    Heureux que tu partages ce point de vue, Matthieu
    J’ai vu ce débat comme le signe d’une maturité nouvelle des médias sociaux et de leurs artisans. Il faut avouer que ceux et celles qui participent à ce débat sont des « early adopters », comme on les appelle. C’est normal qu’ils soient enthousiastes au départ face à autant de nouvelles plateformes de communication. Ce que je vois comme de la maturité est bon signe pour l’industrie de la communication et pour les clients. En terminant, quand Serge et moi (d’autres aussi) insistons sur la nécessité de revenir aux éléments fondamentaux de tout projet de communication, nous ne faisons que revenir à la base de notre profession qui est et demeure la recherche et l’analyse avant d’en arriver à la stratégie et aux moyens tactiques. Et il ne faut pas oublier que nous faisons tout cela dans l’intérêt de nos clients.

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