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Échangeur Turcot : à quand une analyse des deux projets ? (Dernier billet)

Je suis tombé sur le commentaire urbaniste, candidat au Ph.D. en aménagement, qui amène un point de vue fort intéressant, tout en partageant certaines opinions que j’ai données dans mes billets précédents sur le réaménagement de l’échangeur Turcot. Je n’ai pu rejoindre cette personne afin de lui demander la permission d’utiliser son commentaire. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas de la faire. Son billet s’intitule : Un cheval de Troie nommé Turcot. En voici un premier extrait.

Le problème des commentateurs quant au réaménagement de l’échangeur Turcot est qu’ils ne se donnent pas la peine d’analyser l’échangeur existant ni le contenu des deux projets. Ils se contentent des descriptions sommaires et des images de synthèse.

Il y a en effet beaucoup de « gérants d’estrade » (comme moi) qui commentent les qualités respectives des deux projets et qui y vont parfois d’opinions spectaculaires. Or, il nous faut l’opinion d’experts (ce que nous ne sommes pas) ; il nous faut des analyses qui font défaut jusqu’à maintenant.

Voici un autre extrait éclairant.

Chacun peut pourtant facilement faire cette analyse en comparant les plans proposés avec une photo satellite que n’importe quel adolescent peut consulter sur internet. Si ce travail était fait, ils constateraient rapidement que le projet proposé par la ville de Montréal ne réduit en aucune façon la capacité (nombre de voies) de l’échangeur actuel. Cependant, la proposition de la ville ne reprend pas la prémisse du MTQ qui, lui, cherche à accroître substantiellement la capacité du futur échangeur.

Venant d’un doctorant en aménagement, cet argument doit être pris au sérieux, ne trouvez-vous pas ? Voici un troisième extrait qui m’a beaucoup étonné (dans le bons sens), car personne jusqu’ici n’avait soulevé cet aspect.

Il convient de bien saisir la source de la congestion dans ce secteur. Celle-ci n’est pas attribuable à la sous-capacité de l’échangeur, mais à celle des axes autoroutiers et des ponts (Champlain et Mercier) auxquels il donne directement ou indirectement accès. C’est là que les files d’attente se forment pour déborder sur l’échangeur. Quel que soit le projet retenu, les chroniqueurs en circulation continueront à nous dire, en fin d’après midi: « la congestion des accès au pont Champlain déborde maintenant jusqu’à l’échangeur Turcot ». Ainsi, la proposition du MTQ ne règlera en aucune façon le problème de sous-capacité du réseau dans son ensemble, à moins qu’elle ne soit un « cheval de Troie » d’un plan qui vise un accroissement de la capacité des axes autoroutiers qui y mènent. On peut le supposer en regard de son plan et des habitudes d’un ministère encore trop attaché à sont ancestrale appellation de Ministère de la voirie. Ainsi, l’approche du MTQ nous engage dans une logique dépensière où la surcapacité d’un nouvel échangeur n’a de sens que combiné à l’accroissement du nombre des voies des ponts Champlain et Mercier, de l’autoroute 20 etc. Expropriera-t-on la largeur d’un pâté de maison le long de Décarie pour y ajouter deux autres voies ?

Pas bête comme commentaire. En effet, qu’est-ce que ça donne d’augmenter la capacité de l’échangeur si le réseau, en amont ou en aval, ne peut absorber le débit de circulation ? Voici un dernier extrait.

La démarche de la ville de Montréal repose sur d’autres constats, somme toute très réalistes, soient que le réseau autoroutier montréalais est imbriqué dans un tissu urbain, que l’accroissement de la capacité globale du réseau routier se ferait au prix de travaux coûteux et déstructurants pour tous les secteurs qui le bordent, que la croissance de la congestion résulte d’une demande excessive de transport routier ne pouvant être réduite que par une offre alternative de transport. À la lumière de ces fait, quel projet est donc le plus rentable pour nous et nos enfants ? Les Montréalais exigent de leurs gouvernements une réponse aussi sérieuse que l’est la question.

Voilà un commentaire intelligent, nuancé, qui a le mérite de proposer une certaine analyse des projets. Si seulement nous pouvions bénéficier de plusieurs experts comme l’auteur de ce commentaire, il nous serait plus facile de comprendre et de prendre la bonne décision.

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Cette note a été postée le Mercredi, avril 28th, 2010 à 8:45 dans la catégorie COMMUNICATIONS, CONSULTATIONS PUBLIQUES, ENVIRONNEMENT, POLITIQUE MUNICIPALE, RÉFLEXIONS ET EXPÉRIENCES, RELATIONS DE PRESSE, RELATIONS PUBLIQUES. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


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