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Montréal et les consultations publiques : des règles à revoir, sinon c’est de l’immobilisme

Je sors d’une assemblée publique de consultation pour un client. J’en sors nullement étonné, mais mon client est passablement frustré et écoeuré (le mot n’est pas trop fort).

L’assemblée a été demandée par l’arrondissement parce que le projet est dérogatoire (3 dérogations). La consultation publique survient après 18 mois de travail au cours desquels le projet initialement présenté par mon client a été considérablement modifié afin de répondre aux nombreuses demandes des services d’urbanisme et du Comité consultatif d’urbanisme (ce qu’on appelle le CCU). Un processus qui a mis la patience du client à rude épreuve parce que chaque fois qu’il modifiait son projet afin de répondre aux demandes de l’arrondissement, il recevait une nouvelle série de demandes. Résultat : plusieurs mois de travail (ce qui retarde le projet et ignore totalement l’échéancier) et des dizaines de milliers de dollars de dépenses. Quand on reproche à Montréal un certain immobilisme, c’est de ça dont on parle (et de plusieurs autres projets bien connus).

Frustré ? Le mot est faible, car pendant l’assemblée publique de consultation, les commentaires des résidents n’ont presque pas porté sur le projet. De plus, plusieurs des commentaires des riverains s’éloignaient considérablement des exigences des fonctionnaires de l’arrondissement. Mon client est tellement frustré qu’il a décidé d’abandonner son projet dérogatoire pour en faire un de plein droit. Et vlan !

Depuis un bon moment, j’entends des promoteurs réclamer que la consultation se fassent en amont, c’est à dire beaucoup plus tôt dans le processus. J’ai aussi fait cette suggestion à quelques reprises dans ce blogue. Comme lors de l’idée originale, de la première ébauche. La semaine dernière, les élus de l’arrondissement semblaient pencher pour cette solution.

Il y a un an, dans un autre arrondissement, un autre de mes clients en avait ras le ponpon après, tenez-vous bien, 5 années de discussions et de tergiversations avec les fonctionnaires. Il a finalement lancé un ultimatum et, assez rapidement, le dossier a été réglé. Ce n’est pas normal.

Je discutais aujourd’hui avec une personne bien au fait de ce qui se passe dans l’immobilier à Montréal. Il me confiait que plusieurs promoteurs en avaient soupé et qu’ils commençaient à recourir à leurs avocats pour débloquer leur projet. Ça aussi, ce n’est pas normal !

Dernier commentaire : je n’en reviens tout simplement pas de la langue de bois utilisée par certains fonctionnaires lors de ces assemblées. Dieu merci, ils ne sont pas tous comme ça.

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Cette note a été postée le Lundi, mai 3rd, 2010 à 7:11 dans la catégorie CONSULTATIONS PUBLIQUES, POLITIQUE MUNICIPALE, RÉFLEXIONS ET EXPÉRIENCES. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


2 commentaires sur “Montréal et les consultations publiques : des règles à revoir, sinon c’est de l’immobilisme”

  1. Guy Versailles a écrit:

    J’ai assisté hier ;à une conférence de Florejnce Junca-Adenot au CIRANO. Elle préconise exactement cela. les promoteurs font l’erreur de s’en tenir au processus officiel de consultation. Ils devraient selon moi prendre les choses en mains et structurer une communication avec le milieu dès les toutes premières étapes de la planification et y insérer les exigences officielles édictées par la ville. Ainsi, ils auraient l’heure juste beaucoup plus rapidement de la voix qui compte le plus: celle de la population. Ils pourraient même faire contrepoids aux fonctionnaires en leur opposant un pouvoir politique reposant sur une opinion publique informée.

  2. INDICO a écrit:

    Guy, tu as raison et on commence à entendre quelques voix qui réclament une consultation en amont. Je pense que nous allons devoir attendre encore un bon moment avant que les arrondissements changent leurs pratiques. Par contre, hier, je discutais avec un élu montréalais qui est du même avis et qui pense qu’il faudrait revoir les pratiques d’étude d’un projet immobilier et devancer le moment de la consultation publique. Je suis d’avis de consulter en amont, mais il y a un danger qui guette les promoteurs : le pouvoir des groupes d’opposition et une certaine frilosité des élus face à une grogne populaire organisée.

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