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Relations de presse : billet d’humeur

Les relations publiques se définissent beaucoup par les relations de presse, ou, si l’on veut, par les liens et contacts que les relationnistes et autres conseillers en communication entretiennent avec les journalistes, au nom et pour leurs clients. Pour les clients et les personnes qui connaissent mal ce que les conseillers en communication ou les relationnistes font, donner l’exemple des relations de presse permet de les situer. Et pourtant, les relations publiques – la communication – c’est tellement plus que ça. Mais ça, c’est une autre question.

Revenons aux relations de presse. Je me souviens que les relations de presse ont constitué l’essentiel de mon deuxième emploi au début de ma carrière. J’étais responsable des relations de presse à la CSST, direction régionale de Montréal. Un épisode assez particulier de ma carrière, très instructif et formateur. Après mon départ de la CSST, j’ai continué à faire des relations de presse, sans toutefois en être directement responsable. J’ai été porte-parole d’une grande organisation nationale, par exemple, et les dossiers que je défendais étaient loin d’être banals.

Depuis 1992, je fais du conseil à mon compte et j’ai eu passablement d’occasions de faire des relations de presse pour mes clients, bien que j’essaie de ne plus en faire. Parce que je n’y crois plus, ou presque plus. Mais surtout parce que je n’aime pas ce que les patrons de presse ont fait de l’information. L’information spectacle, l’information pour faire des cotes d’écoute, les choix des salles de rédaction faits en fonction du « potentiel » de la nouvelle (lire sa capacité à vendre de la copie. N’est-ce pas Pierre Péladeau qui avait lancé le Journal de Montréal avec la formule « sexe, sang, sport » ?), la convergence, les nouvelles parfois fabriquées de toutes pièces, sans compter la propension des médias à mettre en marché les opinions de chroniqueurs et autres vedettes contractuelles de l’information me laissent de plus en plus indifférent. Ce n’est pas les journalistes que je pointe ici (bien que, dans certains cas…) ; je déplore ce que l’industrie de l’information oblige les journalistes à faire.

Il m’arrive encore que des clients me demandent de faire une opération de presse pour eux. La majorité du temps, ces clients n’ont absolument pas de nouvelle, mais ils tiennent obstinément à faire cette opération de presse. S’ils peuvent faire la nouvelle, ils seront satisfaits et je passerai pour un héros à leurs yeux. La plupart du temps, tout le travail que je fais ne donne absolument rien, ou si peu, mais ils me paient quand même. Et la fois suivante, ils me réembauchent pour tenter à nouveau l’impossible, un impossible qui reste… impossible à atteindre. Je me rappelle surtout certains clients qui m’appelaient et qui avaient décidé à ma place ce qu’il fallait faire et me demandait de le faire. On repassera pour les conseils, la stratégie, la créativité. Il y a encore beaucoup de clients de ce type. Il y en aurait, parmi les conseillers en communication qui prendraient de tels mandats avec enthousiasme. Je ne leur jette pas la pierre. Il y en a d’autres qui ne se contenteraient pas de prendre le mandat ; ils feraient des promesses du genre : je vais vous obtenir une participation à Tout le monde en parle.

La réalité ? La réalité, c’est que la fonction relations de presse est devenue une fonction très difficile. Les patrons de presse ont réduit le nombre de journalistes, de photographes, de cadreurs. Il y a de moins en moins de temps d’antenne ou d’espace dans les imprimés pour la nouvelle. Internet pourrait offrir une solution, mais les médias semblent utiliser Internet pour relayer la nouvelle plus rapidement et les textes publiés dans Internet se retrouvent dans la version imprimée. Les journalistes ne se déplacent plus, ou presque plus. Les conférences de presse, ça ne marche plus, à moins d’avoir une nouvelle spectaculaire (ou sens de « ça va faire vendre de la copie ! »). À bien y penser, nous ne sommes toujours pas très loin de la formule de monsieur Péladeau.

Lorsqu’on fait des relations de presse, la pratique veut que l’on tente de faire sortir la nouvelle en tentant de joindre les affectateurs et les journalistes au téléphone tôt le matin où le communiqué du client est diffusé sur le fil de presse. Sans compter que l’on a pris soin d’envoyer le communiqué à ces mêmes journalistes par courrier électronique après avoir passé des heures à constituer une liste de presse ciblée, un travail toujours à recommencer étant donné que les journalistes changent, sont mutés, etc. Pas grave, ce sont des honoraires que l’on charge aux clients et que l’on recharge encore et encore à chaque opération de presse ou presque. Or, les journalistes ne souhaitent pas qu’on les appelle. C’était en gros leur demande lors d’un atelier du dernier Colloque C. Ils sont capables, comme tout le monde, de consulter le communiqué sur le fil de presse. Je n’en doute pas. En plus, les journalistes ne se contentent plus d’un simple communiqué. Il faut y joindre des images, de la vidéo. En cette ère des médias sociaux, rien de plus facile, n’est-ce pas ? Et pourtant : je vois quantité de communiqués qui n’offrent que du texte, beaucoup de texte, sans la moindre image. Et je connais les excuses des clients et de leurs conseillers en communication.

En cette ère fascinante des réseaux et des médias sociaux, ne serait-il pas temps de repenser les relations de presse ? Ne serait-il pas temps de définir un modèle entièrement différent ? Un modèle d’attraction, ce que les Anglo-saxons appellent « inbound communication » ?

Prochain billet : un modèle de relations de presse 2.0

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Cette note a été postée le Mercredi, janvier 30th, 2013 à 8:54 dans la catégorie RÉFLEXIONS ET EXPÉRIENCES. Vous pouvez suivre les commentaires à propose de cette note grâce à ce flux RSSRSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou insérer un trackback depuis votre site.


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